Un fruit hybride encore méconnu
Vous avez peut-être croisé ce drôle de fruit sur un marché estival sans oser y goûter : le pluot intrigue autant qu'il régale. Né du croisement entre le prunier et l'abricotier, il réunit le meilleur des deux mondes, avec une peau lisse tirant sur le pourpre ou le jaune doré, et une chair d'une douceur remarquable. Son nom, contraction anglaise de plum et apricot, traduit bien son identité métissée. Créé à la fin du XXe siècle par l'obtenteur américain Floyd Zaiger, il reste encore discret dans nos vergers hexagonaux, mais gagne peu à peu du terrain chez les amateurs curieux et les pépiniéristes spécialisés.
Côté goût, le pluot surprend par une teneur en sucre supérieure à celle de ses parents, avec des arômes qui rappellent davantage la prune mûre, relevés d'une pointe d'acidulé. À maturité, il fond littéralement en bouche, ce qui en fait un délice à croquer frais, mais aussi une excellente base pour des confitures, des tartes ou même des chutneys pour accompagner les viandes blanches.
Planter un pluot au jardin : mode d'emploi
Bonne nouvelle pour les jardiniers à l'espace limité : le pluot se présente sous forme d'arbre compact, généralement inférieur à quatre mètres de hauteur à l'âge adulte. Il s'accommode donc d'un petit terrain, voire d'un grand bac sur terrasse si vous choisissez un porte-greffe nanisant. Installez-le en situation bien ensoleillée, à l'abri des vents froids, dans un sol profond, frais mais drainant. Un apport de compost mûr à la plantation facilitera son enracinement.
La plantation se fait idéalement entre novembre et mars, hors période de gel. Arrosez copieusement la première année, puis paillez le pied pour conserver la fraîcheur estivale. Attention toutefois : la plupart des variétés de pluot ne sont pas autofertiles. Il faudra donc prévoir un pollinisateur compatible à proximité, comme un prunier japonais ou un autre pluot d'une variété différente, pour espérer une belle fructification.
Entretien, récolte et petites astuces
L'entretien du pluot reste proche de celui du prunier. Une taille légère en fin d'hiver, limitée aux branches mortes ou mal orientées, suffit à maintenir une silhouette aérée. Évitez les tailles sévères qui retardent la mise à fruits. Côté santé, surveillez la moniliose sur les jeunes rameaux et les pucerons au printemps : un purin d'ortie dilué ou une décoction d'ail en prévention font souvent des merveilles, sans recours à des traitements lourds.
Les premiers fruits apparaissent généralement deux à trois ans après la plantation, pour une récolte qui s'étale de juillet à septembre selon les variétés. Cueillez-les juste avant pleine maturité : ils continueront à s'adoucir quelques jours en corbeille. Variétés à rechercher chez les pépiniéristes : 'Flavor King', 'Dapple Dandy' ou encore 'Flavor Supreme', reconnues pour leur productivité et leur saveur exceptionnelle.
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