Une maladie discrète mais redoutable pour vos rangs de haricots
Vous inspectez vos haricots un matin d'été et voilà que des marques translucides, presque grasses au toucher visuel, apparaissent sur le feuillage. Pas de panique, mais ne traînez pas : il s'agit probablement de la graisse du haricot, une infection bactérienne provoquée par Xanthomonas axonopodis ou Pseudomonas savastanoi. Très contagieuse, elle profite des étés humides, des arrosages mal placés et des plants serrés pour s'installer durablement. Une fois la colonie bactérienne en place, aucun traitement curatif réellement efficace n'existe en jardinage bio. Tout se joue donc en amont, par l'observation et la prévention. Bonne nouvelle : avec quelques réflexes simples, vous pouvez largement limiter les dégâts et préserver votre récolte.
Apprendre à repérer les premiers signes
Les symptômes sont assez caractéristiques quand on sait ce que l'on cherche. Sur les feuilles, observez l'apparition de petites taches d'apparence huileuse, qui finissent par jaunir au centre et s'entourer d'un halo verdâtre ou doré. Par temps moite, vous pouvez même apercevoir un exsudat brillant, signe que la bactérie est en pleine activité. Les tiges peuvent présenter des stries brunâtres allongées, et les gousses se couvrent de zones gluantes qui se nécrosent et finissent par contaminer les graines à l'intérieur.
Le piège classique : confondre la graisse avec une simple brûlure de soleil ou une carence. Quelques indices pour trancher :
- les taches s'étendent rapidement après une pluie ou un orage,
- elles touchent en priorité les jeunes feuilles tendres,
- la maladie progresse de pied en pied, souvent dans le sens des arrosages.
Dès le moindre doute, isolez visuellement la zone et marquez les plants suspects pour suivre leur évolution sur deux à trois jours.
Prévenir, le seul vrai levier efficace
La graisse du haricot se transmet principalement par les semences contaminées et par projection d'eau. C'est donc sur ces deux points que doit porter votre vigilance :
- Choisissez des semences saines, idéalement issues de plants que vous savez avoir été indemnes, ou achetées chez un semencier sérieux mentionnant des lots contrôlés.
- Pratiquez la rotation : ne replantez pas de légumineuses (haricots, pois, fèves) au même endroit avant trois ou quatre ans.
- Espacez généreusement vos rangs (40 à 50 cm minimum) pour favoriser la circulation de l'air et un séchage rapide du feuillage.
- Arrosez au pied, jamais sur les feuilles, de préférence le matin pour que tout sèche avant la nuit.
- Paillez le sol avec de la paille ou des tontes sèches : cela évite les éclaboussures de terre, principal vecteur de contamination.
Un coup de pouce supplémentaire ? Pulvérisez une décoction de prêle tous les quinze jours en préventif. Riche en silice, elle renforce les tissus végétaux et les rend moins perméables aux bactéries.
Réagir quand l'infection est déjà là
Si malgré tout la maladie s'installe, retirez immédiatement les feuilles atteintes et brûlez-les ou jetez-les loin du compost. Désinfectez vos outils à l'alcool entre chaque plant pour ne pas propager les bactéries. En fin de saison, arrachez tous les pieds, y compris les racines, et évitez d'enfouir les résidus. Pour les saisons suivantes, privilégiez des variétés réputées tolérantes comme la Coco de Paimpol ou certaines borlotti, et alternez avec des engrais verts non sensibles.
Pour aller plus loin et planifier vos prochains semis de haricots au bon moment, consultez notre calendrier des semis sur quandsemer.fr.