Le fraisier, la gourmandise la plus facile à cultiver
S'il fallait ne retenir qu'une seule plante fruitière pour débuter au jardin, le fraisier serait sans doute en tête de liste. Cette vivace généreuse s'épanouit aussi bien en pleine terre qu'en jardinière, récompense les jardiniers patients dès la première année et se multiplie toute seule grâce à ses stolons. Une fois les bons gestes acquis, une petite planche de quelques mètres carrés peut fournir la famille en fruits parfumés de mai jusqu'aux premières gelées, selon les variétés choisies.
Avant de foncer à la jardinerie, prenez le temps de distinguer les deux grandes familles. Les variétés non remontantes comme la Gariguette ou la Ciflorette offrent une récolte abondante mais concentrée sur trois à quatre semaines au printemps. Les remontantes (Mara des Bois, Charlotte, Maestro) produisent par vagues successives jusqu'en octobre, avec des fruits généralement un peu plus petits mais un rendement étalé. Pour un verger de balcon, mieux vaut privilégier les remontantes afin de grignoter tout l'été.
Planter au bon moment, au bon endroit
La fenêtre idéale de plantation s'étend de début août à mi-septembre. Installé à cette période, le plant a le temps de former un système racinaire solide avant l'hiver et donne une récolte correcte dès le printemps suivant. Une plantation de printemps reste possible, mais il faudra alors sacrifier les premières fleurs pour laisser la plante s'enraciner.
Le fraisier apprécie un sol meuble, frais, riche en matière organique et légèrement acide. Un apport de compost bien mûr, enfoui à la bêche quelques semaines avant, fait des merveilles. Quelques règles concrètes à respecter :
- Espacez les plants de 30 à 40 cm sur le rang, avec 60 cm entre les rangs.
- Veillez à ce que le collet (la jonction entre racines et feuilles) affleure le sol : enterré, il pourrit ; trop haut, il sèche.
- Choisissez un emplacement ensoleillé au moins six heures par jour, à l'abri des vents desséchants.
- En pot, comptez au minimum 20 cm de profondeur et un terreau additionné d'un tiers de compost.
Astuce souvent négligée : évitez de replanter des fraisiers à l'endroit où poussaient des tomates, pommes de terre ou aubergines les années précédentes, car ces solanacées partagent des maladies communes avec le fraisier.
Entretien, récolte et pérennité de la fraiseraie
Une fois installé, le fraisier demande peu d'efforts mais quelques attentions régulières. Paillez généreusement au printemps avec de la paille, des tontes sèches ou des aiguilles de pin : le paillage conserve l'humidité, limite les adventices et, surtout, isole les fruits du sol pour éviter qu'ils ne pourrissent. Arrosez au pied le matin, jamais sur le feuillage, pour prévenir l'oïdium et le botrytis.
La récolte s'effectue idéalement en fin de matinée, quand les fruits sont parfumés mais encore frais. Cueillez avec le pédoncule, les fraises se conservent mieux et gardent leur saveur. Après la fructification, coupez les stolons non désirés pour que la plante concentre son énergie sur les fruits de l'année suivante — ou au contraire, repiquez les plus beaux stolons en godet pour renouveler votre plantation.
Comptez trois à quatre ans avant que les pieds ne s'essoufflent : organisez une rotation en installant chaque année un nouveau rang pour ne jamais manquer de fraises.
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